S'informer

sur la qualité des repas de de nos enfants à la cantine en lien avec la loi Egalim, sur les bénéfices de la consommation de produits issus de l’agriculture biologique sur la santé, et sur les conséquences de notre exposition aux pesticides par l’alimentation comme par l’environnement.

LA LOI EGalim, KESAKO ?

La loi EGalim impose depuis 2018 des taux d’au moins 50 % de produits dits « durables et de qualité », dont au moins 20 % de produits Bio dans la restauration collective, et donc dans les cantines scolaires (ces % s’entendent en volumes d’achat) .
Les gestionnaires des restaurants scolaires (écoles publiques comme privées) ont de plus l’obligation de télédéclarer annuellement les données correspondantes, et rendre ainsi ces informations accessibles à tous, et ce quel que soit le mode de gestion choisi.
Vérifiez si les informations de la cantine de vos enfants sont bien renseignées sur le portail : "Ma Cantine", et si ce n’est pas le cas, demandez l’information à votre mairie, ou au chef d’établissement si votre enfant est scolarisé dans l’enseignement privé !
Vous pouvez également consulter le site “sourcecommune” de Générations Futures, qui offre à partir de ces mêmes données des comparaisons avec les communes voisines.

LA RÉGION DES HAUTS DE FRANCE CLAIREMENT A LA TRAÎNE

L’application de la loi EGalim au niveau national est très partielle : Malgré une nette progression par rapport aux années antérieures, le taux national de déclaration pour les cantines des écoles primaires (maternelles et élémentaires) n’a été que de 39 % pour la campagne de 2025 (données 2024).
Or deux tiers à peine (63 %) de ces cantines déclarées disent respecter la part de 20 % de Bio fixée par la loi (données 2024 rapportées en 2025).
Conclusion : Information trop peu accessible, et non respect généralisé de la part de 20 % de Bio dans les menus des enfants !
La situation est encore plus mauvaise dans la Région des Hauts de France, pour laquelle, d’après nos estimations, 43 % des cantines d’écoles primaires déclarées respectent la part de 20% de Bio fixées par la loi (contre 63% au niveau national)..
Or pas moins de 575 000 élèves y sont scolarisés dans le primaire (chiffres rentrée 2024 - source Ministère de l’Education Nationale), dans le public (85% d’entre eux) comme dans le privé (15%).
Leur garantir une alimentation de qualité est donc un enjeu de santé publique.

Est-ce que la bio est meilleure pour la santé ?

LE BIO EST-IL VRAIMENT MEILLEUR POUR LA SANTÉ ?
Les autorités sanitaires conseillent depuis plusieurs années de privilégier les produits issus de l’agriculture biologique pour réduire son exposition alimentaire non seulement aux pesticides et à de nombreux additifs, mais aussi aux antibiotiques utilisés dans l’élevage conventionnel.
C’est encore le cas en juillet 2025 du Haut Conseil pour la Santé Publique pour l'élaboration du 5e programme national nutrition santé (PNNS)
Les études scientifiques disponibles convergent vers une association entre la consommation de produits Bio et de meilleurs indicateurs de santé et sur l’impact négatif des pesticides sur la santé.

Des champs à nos assiettes : Des résidus de pesticides dangereux

Les dernières données officielles sur les résidus de pesticides dans les aliments d'origine végétale non bio vendus en France en 2023 mettent en évidence la présence de résidus de pesticides dont la dangerosité est multiforme : on peut distinguer parmi eux les "cancérigènes, mutagènes ou eprotoxiques" (CMR), les perturbateurs endocriniens (PE) ou ceux qui sont des PFAS.
Les résultats de cette analyse publiée en décembre 2025 par Générations Futures sont sans appel :
sur les 1912 échantillons d'aliments végétaux non bio étudiés (fruits, légumes, céréales), 61% présentent au moins 1 résidu de pesticide détecté !
56% des fruits, 19% des légumes non bio contiennent au moins un résidu de pesticide CMR.
64% des fruits, 33% des légumes non bio contiennent au moins un résidu de pesticide PE.
31% des fruits, 21% des légumes non bio contiennent au moins un résidu de pesticide PFAS.

Pour aller plus loin sur la présence des pesticides dans notre environnement

Pourquoi et comment les pesticides ont-ils pris une telle place dans nos activités professionnelles et domestiques et donc dans notre environnement ? Comment pouvons-nous réduire collectivement leur utilisation ?
France Nature Environnement vous en dit plus.

Qu’en est-il dans votre département ou autour de votre commune de l’utilisation des pesticides en agriculture? Les registres d’épandages n’étant pas facilement accessibles, les données officielles relatives aux achats de pesticides sont de bons indicateurs des lieux d’utilisation effective de ces substances. Sur base des chiffres issus de la Banque nationale des ventes (BNVD) alimentée par les distributeurs de produits phytosanitaires et mis à disposition par les ministères compétents, Générations Futures & développé Géophyto, un outil de visualisation permettant également de voir les évolutions d’année en année.

La pollution de l’air par les pesticides s’étend bien au-delà des zones de pulvérisation, atteignant des niveaux significatifs même en milieu urbain. La dernière campagne de mesures réalisée sur ce sujet par Générations Futures en 2024 concernait la métropole lilloise.

Ces substances se retrouvent en premier lieu dans les sols, et donc dans les nappes phréatiques et les cours d’eau qui servent à la production d’eau potable.
Pour en savoir plus sur les caractéristiques de l’eau du robinet distribuée dans votre commune, Générations Futures met à votre disposition une carte interactive basée sur les données officielles du contrôle sanitaire effectué par les Agences Régionales de Santé.

Et sur leur impact sur notre santé

Le rapport “INSERM : expertise collective 2021 - les effets des pesticides sur la santé” compile plus de 5300 études scientifiques et fait référence sur le sujet. Il confirme les impacts l’exposition pendant la grossesse ou l’enfance :
- Présomption forte d’un lien entre l’exposition aux pesticides et le risque de certains cancers, en particulier les leucémies et les tumeurs du système nerveux central.
- Troubles du développement neuropsychologique et moteur de l’enfant en cas d’exposition environnementale des mères pendant la grossesse.
Générations futures vous aide à en comprendre les conclusions.

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a alerté sur cette base en avril 2025 sur plusieurs familles de pesticides toujours autorisés, dont l’impact sur la santé humaine doit faire immédiatement l’objet d’un suivi rapproché.
Générations Futures salue ces recommandations, mais demande d’aller plus loin.

Et si on appliquait enfin le principe de précaution ?

Santé des enfants = bio dans les cantines

Une opération menée par France Nature Environnement Hauts-de-France et Générations Futures